21 JUIN JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA MUSIQUE : HISTORIQUE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE dans les six anciens royaumes du Sénégal précolonial

par | Juin 23, 2024 | A la Une, Culture | 0 commentaires

(Walo, Cayor,Diolof,Baol, Sine ,Saloum) d’après les extraits des Cahiers de Yoro Boly DYAO

Dans une antiquité très reculée, à l’époque où des lamanes étaient seuls placés à la tête de chacun des royaumes, ces lamanes avaient les grands lambbe et des petits gorang fabriqués par les lawbés, comme insignes d’autorité, et que leurs griots battaient en cérémonie à des jours marqués
.
A partir de la fondation de l’empire Djoloff, les grands lamanes, naguère présidents populaires chacun dans son pays, devinrent, avec le même titre, les vice-rois sous l’autorité des empereurs du Djoloff. .

C’est alors que furent fabriqués les dioundioungs (tambourins) et institués comme premiers insignes d’autorité des empereurs et des vice-rois du Oualo, du Cayor, du Baol,du Sine et du Saloum.

Il y en avait trois dans chacun de ces sièges de gouvernement, Les lambbe et les gorang devinrent les insignes d’autorité des petits lamanes ou chefs des subdivisions territoriales (Kangam) dont étaient formées les vice-royautés dès avant la formation de l’empire.

Les empereurs et les vice rois s’étaient réservés des lambbe et gorang supérieurs à ceux de ces seigneurs

Une hiérarchie très nette classait ces instruments;c’est ainsi que les dioundioungs des vice-rois devaient obligatoirement rester muets en présence de ceux impériaux.

Amari-N’Goné-Sobel, après sa victorieuse et mémorable révolte de Danky (1549) contre le dernier empereur Léléfoul-i-Fack, début de la dislocation de l’empire Djolof, donna à ses dioundioung des noms ironiques, montrant par là aux Bour-Ba-Djoloff sa ferme résolution de défendre le Cayor et le Baol qu’il avait enlevés à leur prédécesseur, le dernier empereur.

Ces noms sont:

Dahne-Djeule, Dègg-Daou et Diandiari.

• Dahne-Djeule signifie réservé au vainqueur Le Damel-Teigne voulait dire aux héritiers du titre impérial qu’ils ne pourraient subjuguer ses deux royaumes qu’après l’avoir battu.

• Dègg Daou est l’effrayant. Il voulait dire aux BourBa Djoloff que le jour où ils l’entendront sera celui de leur fuite ou de leur mort.

• Diandiari ou le retentissant. L’énigme traduit que la présence d’anciens dioundioungne pourra dorénavant faire taire les siens.

Dès lors,les trois rois contemporains Fara-Peinda-Dieng MBODJ du Oualo,
M’Bégane-N’Dour du Sine et du Saloum, baptisèrent leurs dioundioung des mêmes noms.

Les rois du Djoloff ne les imitèrent que bien longtemps après,sous le règne du roi Guirane-Boury-Djélène de ce pays; et même les rois du Djoloff ne faisaient que très rarement usage des dioundioung on ne leur battait le plus ordinairement en signe d’autorité que le foura-i-bour.

Cette simplicité de la part des Bour-baDjoloff était une réponse du même genre opposée aux noms paraboliques des dioundioung,et signifiant qu’ils se contentaient de petits emblèmes,laissant les grands emblèmes aux anciens tributaires de leurs aïeux, puis- qu’ils étaient devenus leurs égaux.

D’ailleurs, les descendants de N’Diadiane N’Diaye n’ont jamais renoncé à l’ancienne autorité de leurs ancêtres sur tous les pays jadis soumis à l’empire et n’ont jamais laissé passer une occasion de faire sentir leur prééminence avec morgue et mépris.

Le Brack Tiacka-M’Bodj (Beur-Tiacka) ayant reçu, en sa troisième année de règne, d’un voyageur marin européen du nom de Sambare (Jean Barre ),un cadeau composé de quelques fusils
deux trompettes fonda un emploi de ces instruments, consistant à en faire jouer par deux griots quand on lui battait ses dioundioung

Sous le règne du Damel-Teigne Lat Soucabé, ce roi du Cayor et du Baol se procura deux trompettes semblables à celles du Brack Tiacka M’Bodj, alors utilisées par le successeur de celui-ci, le Brack Yérime-M’Bagnick-Arame-Bakar, et s’en servit comme le Brack dans les mêmes cérémonies.
En outre, il inventa une sonnerie, annonçant sa sortie de sa résidence.

Cette particularité fut adoptée par tous les contemporains et leurs successeurs

A partir de ce moment, on choisit parmi les Mâbo des fonctionnaires chargés de ce service et auxquels on donna le nom de Fara Boufta.

Ce fut aussi à la même époque que les rois ne firent plus usage des dioundioung, jadis façonnés par les lawbés, car ils obtinrent du même gouverneur des tambours que les
griots chargés du fonctionnement arrangeaient à leur façon en les munissant de peaux recouvrant les deux faces

Amadou Bakhao DIAW

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