D’emblée, l’ancien ministre a ironisé sur l’idée d’une énergie verte irréprochable. Selon lui, les impacts environnementaux liés à l’exploitation minière, indispensable à la production des technologies dites « propres », ainsi que la gestion des équipements en fin de vie, sont trop souvent occultés dans le débat public. Pour autant, a-t-il insisté, la question écologique ne constitue pas le cœur du problème.
Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, l’enjeu fondamental reste celui de la gouvernance. Il estime que l’Afrique est enfermée dans une succession de « transitions » qui peinent à aboutir. « La transition signifie que l’on est en transit, que l’on n’avance pas », a-t-il déclaré, établissant un parallèle entre transition démocratique, démographique et aujourd’hui énergétique.
Dans cette logique, il dénonce une forme de cycle sans fin, où chaque transition en appelle une autre sans produire de transformation structurelle. Une situation qui, selon lui, freine durablement les dynamiques de développement du continent. « On va rester dans la transition, on n’avancera pas. Ensuite, on va nous inventer une autre transition, et on ne se développera jamais », a-t-il martelé.
Abordant plus spécifiquement la question énergétique, l’ancien ministre met en garde contre une focalisation excessive sur les énergies dites propres, sans réforme préalable des cadres institutionnels. Il souligne que les filières minières liées à ces technologies, bien qu’habillées d’un discours écologique, restent marquées par des logiques extractives et un manque de transparence.
Au-delà du débat technique, Mouhamadou Makhtar Cissé appelle ainsi à une réflexion plus profonde sur les modèles de gouvernance et de gestion des ressources naturelles en Afrique. Pour lui, sans une transformation des institutions, les politiques de transition risquent de demeurer des concepts sans impact réel sur le développement économique et social du continent.







