Mort de Talla Keïta à Rosso : la population demande justice, la tension monte

par | Juil 1, 2025 | A la Une, Faits divers | 0 commentaires

Rosso-Sénégal a vécu une journée sous haute tension ce mardi 1er juillet 2025, marquée par de violents affrontements entre jeunes manifestants et forces de l’ordre. À l’origine de cette explosion de colère : la mort jugée suspecte de Talla Keïta, un jeune homme de 18 ans, décédé après avoir été interpellé par la police dans la nuit du 18 juin dernier.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, Talla aurait été arrêté aux environs de 2 heures du matin dans des conditions jugées floues par les habitants. Des soupçons de violences policières sont évoqués, bien qu’aucun lien formel n’ait encore été établi entre cette interpellation et son décès. Malgré l’absence d’éléments officiels, la tristesse et la colère ont envahi les rues de cette ville frontalière.

Souleymane Fall, l’un des jeunes de la localité, exprime la frustration partagée par de nombreux habitants :

« Si c’était un civil qui avait commis une faute, il serait déjà sanctionné. Mais là, c’est un homme en uniforme. On ne dit pas que ce sont les policiers qui l’ont tué, mais ils l’ont arrêté à 2h du matin et l’ont frappé… Peut-être qu’il serait encore en vie aujourd’hui. On demande simplement que la justice fasse son travail. »

Très tôt dans la matinée, des manifestations ont éclaté dans plusieurs quartiers. Des routes ont été bloquées, des pneus brûlés, et des heurts ont opposé les jeunes aux forces de sécurité, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. Ces scènes de violence ont inquiété la population, en particulier les plus vulnérables.

« Nous n’aimons pas barricader les routes. Nos parents sont malades, ils respirent le gaz lacrymogène, cela peut les blesser, voire leur coûter la vie. Si nous, jeunes, avons du mal à supporter ces effets, imaginez ce que vivent les personnes âgées. S’il n’y avait pas eu cette injustice, il n’y aurait pas eu de manifestations. », ajoute Souleymane Fall.

La mort de Talla Keïta ravive de douloureux souvenirs dans la ville. Pape Thioubo, un autre jeune de Rosso, rappelle que ce drame n’est pas un cas isolé :

« C’est la troisième fois que ça arrive ici. Un jeune est mort en tentant d’échapper à une poursuite policière dans le fleuve, un autre a été battu à mort, et maintenant Talla… Rosso est une ville paisible mais aussi une zone économique cruciale pour le Sénégal. L’argent sort d’ici. Nous voulons une police qui nous protège, pas une police qui tue nos fils. »

Les appels à la justice se multiplient, avec des interpellations directes aux plus hautes autorités du pays, notamment au président Bassirou Diomaye Faye.

« Le Président dit qu’il veut développer le pays. Alors qu’il commence par Rosso. Tant qu’il n’y aura pas de justice, il y aura toujours des problèmes. Nous ne voulons plus de morts. », conclut Pape Thioubo.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite concernant les circonstances de l’interpellation ni sur les suites judiciaires de l’affaire. En attendant, Rosso reste sur le qui-vive, dans l’attente de réponses claires et de mesures fortes pour apaiser les tensions et restaurer la confiance entre la population et les forces de l’ordre.

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