À Richard-Toll, l’élan de solidarité des conducteurs de moto-taxi, communément appelés Jakartamans, a marqué les épreuves du premier tour du baccalauréat 2025. Pendant trois jours, plus de 100 Jakartamans se sont mobilisés pour acheminer gratuitement les élèves vers leurs centres d’examen.
« Si on est citoyen, on doit participer au développement de son quartier », affirme Madiop Diop, président de l’Association des Jakartamans de Richard-Toll. C’est dans cet esprit que les membres de l’association ont décidé de transporter gratuitement les candidats, aller-retour, afin de les soulager dans un contexte économique difficile.
L’initiative vise non seulement à soutenir les familles, mais aussi à éviter les retards le jour des épreuves. « Un élève venant de Ndombo peut dépenser jusqu’à 1 500 FCFA par jour pour le transport. C’est un poids pour certaines familles », explique Madiop Diop.
Chaque matin, les Jakartamans se retrouvent au niveau du pont de Sermat pour organiser les départs. Par petits groupes, ils rejoignent différents quartiers comme Gaé 2, Ndiangue, Gadakhouté, Ndiaw, Khouma, Thiabakh, Ndombo, entre autres, afin de récupérer les élèves et les acheminer dans les trois centres d’examen de la ville.
Selon M. Diop, environ 85 % des candidats ont été convoyés grâce à cette opération. Mieux encore, cette mobilisation a dépassé les frontières de l’association : « J’ai même vu un travailleur de la CSS se joindre à nous pour aider », témoigne-t-il.
Des mesures de sécurité ont également été prises en amont. Face aux inquiétudes initiales, les Jakartamans ont organisé une campagne de sensibilisation au respect du code de la route. Résultat : aucun accident n’a été enregistré durant ces trois jours.
L’initiative ne s’est pas arrêtée au transport. Les membres de l’association ont aussi distribué de l’eau dans les trois centres d’examen de la commune. Chaque matin et chaque soir, 10 paquets de sachets d’eau ont été acheminés dans chaque site, pour répondre aux besoins des candidats.
Ce geste solidaire est largement salué par les parents d’élèves. Ibrahima Ba, venu accompagner sa fille au centre d’examen, salue un acte « de haute facture, inestimable » :
« Moi je viens déposer ma fille avec ma voiture, mais il y en a d’autres qui n’ont pas ces moyens-là. Je vois des élèves qui arrivent en retard, d’autres habitent des zones non desservies par le transport. Les Jakartas, eux, sont partout. Quand je discute avec les responsables de zones, ils me disent avoir affecté 10 ou 15 motos dans chaque secteur, et cela avec leur propre force. Aucun soutien extérieur, juste leur engagement. C’est un appui précieux pour éviter les retards et permettre aux enfants d’arriver sereinement. »
À travers cette action collective, les Jakartamans de Richard-Toll démontrent que l’engagement citoyen peut faire une réelle différence dans le parcours scolaire des jeunes.







