Union africaine : Le Président Macky SALL au sixième sommet entre l’institution continentale et l’Union européenne (UE).

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Président en exercice de l’institution continentale, le chef de l’Etat est en train d’habiter la fonction. Il prend part au sommet Union africaine-Union européenne qui s’ouvre ce jeudi à Bruxelles.

Macky Sall participe, ces jeudi 17 et vendredi 18 février à Bruxelles, à son premier grand rendez-vous comme président en exercice de l’Union africaine (UA). Le chef de l’Etat prend part au sixième sommet entre l’institution continentale dont il assure la présidence tournante, et l’Union européenne (UE). Le rendez-vous devrait réunir pas moins de 80 chefs d’Etat et de gouvernement dont la moitié en provenance d’Afrique.

Dans la capitale belge, cœur de l’Europe, Africains et Européens vont essayer de redéfinir les contours de leurs relations. Le financement de la croissance, la sécurité, la santé, la transition énergétique, l’éducation, les migrations, entre autres, constituent les thèmes au menu. Le Président sénégalais sera au centre des sept tables rondes qui seront aménagées à cet effet. Il sera dans ses habits de président de l’UA.

«Avocat du peuple malien»

Macky Sall n’a pas attendu ce sommet UA-UE pour habiter la fonction qu’il assume depuis le 1er  février. Avant de s’envoler pour Bruxelles, il a eu un entretien téléphonique avec le colonel AssimiGoïta, chef de la junte au pouvoir au Mali. C’était lundi 14février au soir. Certes, ce contact avec son homologue malien porte la marque autant du président de l’UA que celle du chef de l’Etat d’un pays voisin.

Presque rien n’a filtré. Le quotidien L’Observateur, qui a donné l’information dans son édition de mardi 16, rapporte que l’échange, «chaleureux et fraternel»,a duré «quelques minutes». Que MackySall se serait engagé à être«l’avocat du peuple malien auprès de ses pairs» de la CEDEAO, qui a infligé de sévères sanctions au Mali.Pour un diplomate anonyme, cité par le journal, ce contact au sommet entre Dakar et Bamako s’inscrit dans le cadre des initiatives «du nouveau président de l’Union africaine pour éteindre les foyers de conflits sur le continent».

Deux jours après son échange téléphonique avec le colonel Goïta, MackySall a pris part à Paris à un mini-sommet sur le Sahel. Avec ses homologues du Tchad, du Niger et du Bénin, il a participé à un «dîner de travail» à l’Elysée. Les ministres des pays du Golfe de Guinée ainsi que les plus hauts dirigeants de l’Union européenne étaient également de la partie. Une conférence de presse, tenue ce jeudi 17, a sanctionné la rencontre et annoncé le nouveau rôle de la France et de l’Europe dans la lutte anti-terroriste dans la région sahélienne.

Terrorisme, Covid-19, relance économique…

La lutte contre le terrorisme constitue l’un des thèmes abordés par Macky Sall et Charles Michel, le président du Conseil européen, dans une tribune commune publiée mardi 15 en marge du sommet UA-UE. «Les menaces sont de plus en plus transnationales et de plus en plus complexes, font remarquer les deux dirigeants. (…) Ces menaces communes nous appellent à continuer à y faire face ensemble, y compris en Afrique, en particulier dans la lutte contre le terrorisme.»

Sall et Michel ajoutent : «Il nous faut poursuivre ensemble la réflexion, sous l’égide de l’Union africaine et de l’Union européenne, pour une meilleure coordination de nos efforts dans cette lutte solidaire contre un ennemi commun. Faire face à ce défi majeur requiert de partir des causes profondes, l’instabilité et la radicalisation, pour aller jusqu’à la résolution durable des crises et à la construction d’une paix réelle et durable.»

Le président de l’UA et le président du Conseil européen ont abordé d’autres thèmes sous leur plume : la lutte contre la Covid-19, le financement des économies africaines, la transition énergétique… «Nous avons la conviction que l’Afrique et l’Europe peuvent travailler ensemble à l’avènement d’un monde meilleur et plus sûr pour tous, en privilégiant le dialogue et la coopération dans le respect mutuel», ont conclu MackySall et Charles Michel.

En moins d’un mois d’exercice, le président de l’UA semble déjà investi à fond dans sa fonction. Cet engagement pourrait expliquer le «retard» dans la nomination du Premier ministre et la formation du nouveau gouvernement.