Un célèbre marabout comparaissait, hier, devant le tribunal de Dakar, pour charlatanisme et escroquerie.

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Fils d’un dignitaire mouride, Serigne S. Mbacké comparaissait, hier, devant le tribunal de Dakar, pour charlatanisme et escroquerie portant sur le montant de 10 millions FCFA.

D’après le récit de Maïmouna Dieng, elle a connu le mis en cause par l’intermédiaire de sa fille.

Au bout de quelque temps, sa sœur lui recommande de solliciter les prières du père du jeune Mbacké-Mbacké, faiseur de miracles.

Convaincue, elle demande à Serigne S. Mbacké de lui filer le numéro de son géniteur.

Le prévenu saute sur l’occasion et lui donne un autre numéro. Au bout du fil, il imite la voix du vieux.

Ainsi, après lui avoir remis une bague, des potions magiques et de l’encens, il commence à lui réclamer des sommes d’argent pour des offrandes.

« C’était au mois d’octobre 2020. Je lui ai versé plus de 10 millions de francs. J’ai vendu mon véhicule, les bijoux en or que j’avais gardés pour mes enfants, sans compter les prêts que j’ai contractés », a confié la partie civile.

Pour conforter l’accusation, elle a versé au dossier les reçus d’envois de sommes d’argent sur le numéro du prévenu. Le cumul dépasse 8 millions de francs.

« À chaque fois que je lui demandais de me conduire chez son père, il me disait que ce dernier était malade ou avait voyagé », allègue-t-elle.

À l’en croire, le filou présumé lui avait également fait croire que son papa a rendu l’âme en France. Alors que, dit-elle, il est décédé à Thiès.

« Quand j’ai voulu me rendre aux funérailles, il a refusé », indique-t-elle dans Rewmi Quotidien. Invité à donner sa version des faits, Serigne S. Mbacké argue qu’il a joué un rôle d’intermédiaire entre son défunt père et la plaignante.

Se disant opérateur économique, il ajoute que celle-ci ne lui a jamais fait part de ses problèmes.

« Elle communiquait avec mon papa. Sur instruction de celui-ci, elle m’a remis 6 millions de francs », a-t-il admis, tout en précisant qu’il a versé ledit montant à son père.

Pour Me Souleymane Soumaré, le prévenu avait sollicité un délai de deux jours pour le remboursement de la victime. Mais, il n’a rien versé jusqu’à présent.

« Il croit qu’il a suffisamment de relations pour ne pas être inquiété », a fustigé le conseil de la partie civile. Il a ainsi réclamé 11 millions FCFA, en guise de dédommagement. Convaincue de la culpabilité du comparant, la représentante du parquet a requis six mois de prison ferme. La défense a plaidé la relaxe. À sa suite, le juge a fixé son délibéré au 22 février prochain.