Soulagement pour le Mali : Lever de sanctions économiques, financières et institutionnelles.

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La mesure était attendue depuis plusieurs jours, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a fini par lever les sanctions économiques, financières et institutionnelles qu’elle avait prises le 9 janvier 2022 contre le Mali. C’est encore à Accra que les chefs d’Etat en Sommet extraordinaire ce 3 juillet ont décidé de faire revenir Bamako dans le jeu communautaire. Le calendrier électoral présenté par le pouvoir malien semble avoir trouvé une oreille réceptive auprès des pairs du président-colonel Assimi Goïta.

De fortes pressions des organisations de la société civile africaine pesaient depuis longtemps sur les chefs d’Etat ouest-africains accusés d’étouffer un pays membre confronté à de violents périls. Du reste, le gouvernement malien a toujours défendu l’illégalité des sanctions qui frappaient leur pays au regard des dispositions communautaires en vigueur. A cet effet, la Cour de justice de l’Uemoa avait rendu un jugement confortant Bamako et demandant la levée de toutes les sanctions prises par les chefs d’Etat de la communauté.

Au plan intérieur, le gouvernement de transition a plutôt bien tenu le choc de l’embargo en revendiquant plusieurs grandes performances économiques qui ont aidé le pays à ne pas s’effondrer. En outre, le soutien populaire des populations n’a pas été de trop, renforcé par les revendications des autorités dans la lutte contre les bandes terroristes et criminelles qui sévissent dans les régions Centre et Nord. Autant de facteurs qui ont pu convaincre la Cédéao de revoir ses « ambitions » à la baisse.

Cependant, rapporte le média malien Joliba FM, la volonté des chefs d’Etat de rebattre les cartes avec Bamako s’est faite avec des « réserves » dont une qui dénie toute participation des personnalités du pouvoir de transition aux prochaines élections générales, en particulier à la présidentielle qui aurait lieu en février 2024 selon le chronogramme proposé par le gouvernement à la Cédéao. Auparavant, un référendum sur le projet de nouvelle Constitution aura été organisé en mars 2023 alors que les législatives sont prévues entre octobre et novembre de la même année.

Par ailleurs, Umaro Sissoco Emballo a été désigné au poste de nouveau président en exercice de la Cédéao. Le chef de l’Etat bissau-guinéen succède ainsi au ghanéen Nana Akufo-Addoh.

Président sortant de la Commission de la Cédéao, l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou atterrit à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest dont il devient le nouveau gouverneur. Il sera remplacé à son poste par le Gambien Omar Alieu Touray.