Saison des pluies : les premiers dégâts enregistrés

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La saison des pluies semble s’être installée. Plusieurs localités du pays ont en effet déjà reçu leurs premières gouttes de pluie et constaté les premiers dégâts causés par les eaux diluviennes. Les prévisionnistes avaient tablé sur des dates de début de saison précoces à moyennes sur la zone sahélo-soudanienne couvrant le Sénégal. Et c’est déjà le cas dans la région de Kaolack. Les communes de Thioffack et Fass Cheikh Tidiane, selon les informations de Dakaractu, sont les deux quartiers les plus touchés par le phénomène des inondations. Les premières pluies enregistrées cette semaine ont contraint plusieurs familles à quitter leurs domiciles tard dans la nuit. Thioffack étant le quartier périphérique le plus impacté. Une situation qui devrait être le lot de beaucoup de régions dont Dakar d’autant plus que le Forum 2022 sur les prévisions saisonnières des caractéristiques agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones soudanienne et sahélienne (PRSEASS) dit tabler cette année sur une saison des pluies « globalement humide » au Sahel.


Revoilà la saison des pluies et son lot d’impactés. Des régions comme Dakar, à part une fine averse vendredi dernier à l’aube n’a encore pas reçu ses véritables premières gouttes de pluie. Mais le spectre plane toujours. Les quartiers dans les zones non aedificandi se préparent déjà. Et les prévisions cette année selon la synthèse des travaux tenus lundi à Abuja (Nigeria), sous l’égide du Centre AGRHYMET du CILSS, le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel ne présagent rien de bon.  En effet, des risques élevés d’inondations pouvant entraîner des pertes de récoltes, de biens matériels et en vies animales et humaines dans les localités exposées, étaient prédits.

En effet, une saison des pluies 2022 globalement humide est attendue au Sahel. Des quantités de pluies moyennes à excédentaires sur la période mai-juin-juillet, dans la majeure partie de la bande sahélienne allant du Tchad à la côte sénégalo-mauritanienne et aux îles du Cabo Verde, moyennes à déficitaires dans les zones littorales du sud Sierra Leone, du Liberia et du sud-ouest de la Côte d’Ivoire et déficitaires à moyennes sur le sud-est du Nigéria élargi au sud-ouest Cameroun sont attendues.

En juillet-août-septembre, il est attendu des précipitations excédentaires à moyennes sur la même bande sahélienne et moyennes à déficitaires sur le sud-est Nigeria.

Nos autorités ont-ils pris la mesure de ces alertes? Serigne M. Thiam, ministre de l’eau et de l’assainissement dans le cadre de la préparation de l’hivernage 2022 va effectuer ce lundi 30 mai et le jeudi 02 juin 2022, une visite de sites dans le cadre du suivi des travaux engagés en perspective de l’hivernage 2022. Et cela seulement à la veille de l’hivernage ?

Quelles sont les mesures prises, quel impact dans certaines zones comme le nouveau département de Keur Massar où les populations ne sont même pas encore sorties des eaux des pluies de l’année dernière. Peut-être en saurons- nous davantage après la visite ? Le Forum 2022 sur les prévisions saisonnières avait beaucoup insisté sur le renforcement de la communication des prévisions saisonnières et de leurs mises à jour afin d’informer, sensibiliser les communautés sur les risques et créer les conditions de leur mise à l’abri, à travers notamment l’appui de la presse, des plateformes de réduction des risques de catastrophe, des ONG et des SAP des pays, renforcer la veille et les capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophe et des aides humanitaires.

En Côte d’Ivoire, principalement à Abidjan, 4 000 ménages ont été sommés de quitter les zones à risque. Installés dans les 13 communes d’Abidjan, c’est soit 25 000 personnes qui sont visées par une opération de déguerpissement qui démarre le 5 juin 2022, lit-on dans « Ivoire matin ».  Cette opération est d’autant plus légitime que lors de la saison des pluies, en 2018, l’on a enregistré du 18 au 19 juin, de cette année 20 décès sur l’ensemble du territoire national, dont 18 à Abidjan. Mais, avec l’urbanisation galopante, des zones à risque ont été investis.

Ailleurs et hors d’Afrique au Brésil, la région métropolitaine de Recife demande de l’aide. Les pluies diluviennes emportent tout et plusieurs familles perdent tout ce qu’elles ont. Des personnes seraient même mortes enterrées en plus des maisons qui s’effondrent…