Mis en demeure la chaîne privée Walf TV par le CNRA

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Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a déclaré lundi avoir mis en demeure la chaîne privée Walf TV d’arrêter ses « manquements graves » au cahier des charges des médias audiovisuels et de présenter ses excuses à la communauté catholique et aux Sénégalais.

« Le 24 février 2022, à l’occasion de la diffusion de l’émission ’Diné ak Diamono’, Walf TV a failli à sa responsabilité en laissant l’invité monsieur Lamine Sall tenir des propos très dangereux pour la cohésion sociale et le maintien de la vie en société sans le recadrer ou l’interrompre », écrit le CNRA.

Il dit avoir constaté, après avoir visionné l’émission en question, qu’elle contient « des manquements inacceptables à la réglementation » audiovisuelle.

Pour cette raison, « le CNRA (…) met en demeure Walf TV de prendre les mesures appropriées pour mettre un terme définitif à de pareils manquements », lit-on dans la décision adressée par le régulateur à Cheikh Niass, l’administrateur du groupe Wal Fadjri.

Il exige de la chaîne de télévision qu’elle présente « ses excuses à la communauté catholique et aux Sénégalais », lors du prochain numéro de l’émission hebdomadaire « Diné ak Diamono ».

« Le non-respect de la présente mise en demeure expose Walf TV aux sanctions prévues par la loi », avertit l’organe de régulation audiovisuelle.

Dans un communiqué, la direction de Wal Fadjri a déploré « les propos irresponsables » tenus par l’un des invités de l’émission.

Ils sont de nature à « disséminer la haine ou à susciter la division », a reconnu le groupe de presse, promettant de faire en sorte qu’ »un tel dérapage ne puisse plus se reproduire ».

L’assemblée du CNRA estime, pour sa part, que « le communiqué rendu public par le groupe Wal Fadjri (…) n’enlève en rien la faute commise par Walf TV ».

Il rappelle que la chaîne de télévision a l’obligation de respecter le cahier des charges qui réglemente l’exploitation de tout service de télévision privée au Sénégal.

Les télévisions assujetties au cahier des charges de la production audiovisuelle au Sénégal doivent s’assurer « instantanément [de] la maîtrise de l’antenne », lors de leurs émissions, et veiller à « ne pas diffuser des propos ou contenus de nature à constituer une menace sur la stabilité nationale et la cohésion sociale ».

Elles ont l’obligation, ajoute le CNRA, d’éviter de « provoquer une confrontation entre les religions, les confréries ou les communautés ». Et se garder de « diffuser des propos incitant à l’intolérance, à la stigmatisation, à l’exclusion et à la marginalisation ».