Bataille entre un mari et son épouse : Le couple devant le tribunal des flagrants délits de Dakar

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C’est devant le tribunal des flagrants délits de Dakar que les époux Magor Ndiaye et Sara Ndoumbé Ndaw ainsi que leurs trois proches ont soldé leurs comptes.

Placés sous mandat de dépôt le 10 février dernier, les prévenus s’accusent mutuellement des faits de coups et blessures volontaires réciproques, violence et voie de fait.

« Entre l’amour et la haine, il n’y a qu’un pas », dit-on. Après un an de vie commune, sanctionné par la naissance d’un garçon, la cohabitation entre Magor Ndiaye et Sara Ndoumbé Ndaw, est devenue extrêmement délétère. Malgré la procédure de divorce initiée, les deux conjoints qui vivent sous le même toit à Dieupeul, continuent de se donner en spectacle. Sara Ndoumbé Ndaw qui refuse de quitter provisoirement le domicile conjugal conformément à l’ordonnance du juge civil, a fini par recruter un garde du corps pour veiller sur ses biens et sa personne.

Le 2 février dernier, la jeune dame avait interdit à Pape Mactar Ndiaye, agent de sécurité de son mari, l’accès au domicile. C’est ainsi qu’une bataille rangée a éclaté entre les deux camps. « Quand Magor Ndiaye et son cousin, Moustapha Ndiaye sont intervenus, ils m’ont sévèrement bastonnée. L’un d’un d’eux a tordu mon bras droit. Mais, je n’arrive pas à l’identifitier. C’est cette torsion qui a fracturé mon bras », a expliqué Sara Ndoumbé Ndaw hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. A l’en croire, elle s’est mariée sous le régime de la communauté de biens en 2019. Pis, son époux refuse de lui verser la pension alimentaire (1, 5 million FCFA) raison pour laquelle elle n’a pas quitté le domicile conjugal. « Ils ont également porté des coups sur mon garde du corps, Ababacar Niass », a déclaré l’agent commercial qui a déposé un certificat médical attestant d’une incapacité temporaire de travail de 22 jours. Elle reconnaît toutefois avoir empoigné Pape Mactar Ndiaye.

« On n’a pas levé la main sur elle… »

Banquier de son état, Magor Ndiaye a nié les faits. « On n’a pas levé la main sur elle », dit-il. « C’est lorsqu’on a eu des problèmes qu’elle est venue s’installer dans la maison. Alors que le titre foncier est à mon nom. J’ai construit une partie de la maison avant notre mariage », informe-t-il.

Né en 2000, Pape Mactar Ndiaye soutient qu’il n’a pas riposté à l’attaque de l’épouse de son employeur. « Après m’avoir roué de coups, elle a déchiré mes habits », allègue-t-il. Même son de cloche pour Moustapha Ndiaye et Ababacar Niass qui ont déclaré avoir séparé les belligérants.

Constitués pour la défense des intérêts de Sara Ndoumbé Ndaw et d’Ababacar Niass, Me Mor Samb et ses deux consœurs ont plaidé la relaxe. Pour l’une des robes noires, Sara est la seule et unique victime dans cette affaire. « Elle a déboursé plus de 40 millions de francs pour la construction de cette maison. Et aujourd’hui on veut la traiter comme un moins que rien. C’est injuste », a-t-elle dénoncée. Selon Me Ndèye Fatou Touré qui a réclamé le franc symbolique, sa cliente subit toutes sortes de violences physiques et morales. « Elle est condamnée à vivre avec des personnes qui ne veulent pas d’elle. Son gardien l’a trouvée par terre en train d’être empoignée », indique-t-elle.

« Mon client avait le droit de l’expulser… »

Avocate de Magor Ndiaye et ses acolytes présumés, Me Ndèye Fatou Ndiaye a souligné que juge civil a demandé à Sara de quitter provisoirement le domicile conjugal depuis le 13 juillet 2021. « Les frais liés à son logement et à l’entretien de son enfant, ont été fixés à 1,5 million de francs. Mon client avait le droit de l’expulser de force sur la base de cette décision. Mais, il n’a pas jugé décent de poser cet acte », a-t-elle asséné. Me Ndiaga Dabo qui a plaidé la relaxe, a relevé que le domicile conjugal était fixé à Abidjan. « C’est une histoire vraiment triste. Vous avez tout fait pour installer un climat délétère dans votre maison », a regretté la parquetière qui a estimé que les faits de coups et blessures volontaires réciproques, violence et voie de fait sont constants à l’encontre des prévenus. Pour la répression, elle s’est rapportée à la sagesse du tribunal.

Rendant sa décision, le juge a condamné les prévenus à trois mois de prison avec sursis.