La question de l’adaptation au changement climatique prend une nouvelle dimension dans le nord du Sénégal. Cinq micro-projets communautaires viennent d’être lancés pour renforcer la résilience des populations. Dans la région de Saint-Louis, où se trouve Richard-Toll, l’accent est notamment mis sur la gestion de l’eau, la préservation des terres et des écosystèmes ainsi que la protection des moyens de subsistance des communautés.
À Richard-Toll, comme dans plusieurs localités du Walo, les questions liées à l’eau et aux changements climatiques sont devenues des enjeux majeurs. La ville et son environnement économique dépendent fortement des ressources du fleuve Sénégal, notamment pour l’agriculture, l’élevage et les activités liées à l’eau.
C’est dans ce contexte que cinq micro-projets communautaires d’adaptation ont été officiellement lancés jeudi à Dakar. La cérémonie a été marquée par la remise symbolique de chèques aux organisations bénéficiaires, en présence du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Saint-Louis : un projet qui concerne directement les enjeux du Walo
Dans la région de Saint-Louis, le projet SAGE/SL, porté par Caritas Saint-Louis, sera déployé dans les communes de Gandon et de Diama.
L’objectif est d’aider les communautés à mieux faire face aux effets du changement climatique et à préserver leurs activités et leurs moyens de subsistance.
Même si Richard-Toll ne figure pas parmi les communes directement ciblées par ce projet, les problématiques abordées concernent largement le territoire du Walo. La gestion de l’eau du fleuve Sénégal, la pression sur les terres agricoles et la préservation des écosystèmes constituent en effet des préoccupations communes aux différentes localités de la vallée.
Pour Richard-Toll, territoire fortement marqué par l’agriculture irriguée et la présence du fleuve, la question de la résilience climatique revêt donc une importance particulière.
Des financements pour des solutions locales
Le Projet PACO entend privilégier des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire.
Dans les régions de Kaolack, Fatick et Thiès, le projet PRAFAM, porté par Enda Énergie, prévoit des actions destinées à renforcer les capacités d’adaptation des populations.
À Fatick, Irrigasc va accompagner le développement d’une arboriculture familiale résiliente, tandis que la Fenprose interviendra à Nioro du Rip et Sokone sur le développement d’une filière sésame durable.
Dans la région de Kolda, le consortium 7A MAA-REWEE/JENKU FULADU conduira également un projet consacré au renforcement de la résilience des communautés.
Jusqu’à 91,8 millions de francs CFA par micro-projet
Chacune des cinq organisations bénéficiaires pourra recevoir une subvention pouvant atteindre 140 000 euros, soit environ 91,8 millions de francs CFA.
Les financements doivent permettre de soutenir différentes activités liées notamment à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche, à la gestion de l’eau et à la préservation des écosystèmes.
Le Projet PACO est financé par le ministère fédéral allemand de l’Environnement à travers l’Initiative internationale pour le climat. Il est mis en œuvre par le Centre de suivi écologique, en partenariat avec la GIZ, sous l’ancrage institutionnel du ministère sénégalais de l’Environnement.
À Richard-Toll, l’enjeu reste la résilience du territoire
Dans le nord du Sénégal, la question climatique se pose avec une acuité particulière dans les zones dépendantes du fleuve.
À Richard-Toll, où l’agriculture irriguée occupe une place importante dans l’économie locale, l’évolution des ressources en eau, la préservation des terres et la gestion des écosystèmes sont directement liées à l’avenir des activités économiques et aux conditions de vie des populations.
Le lancement de ces micro-projets remet ainsi au premier plan une nécessité : adapter les territoires aux changements climatiques tout en protégeant les activités qui font vivre les communautés.
Pour le nord du Sénégal, le véritable défi sera désormais de transformer les financements et les projets annoncés en actions concrètes sur le terrain, avec des résultats visibles pour les populations de Richard-Toll, de la vallée du fleuve et des autres territoires concernés.







